Un peu d'histoire

HISTOIRE DE BEINES

C'est entre 972 et 990, que pour la première fois, apparaît le nom de Beines, ce qui ne veut pas dire qu'il n'existait pas avant.

En effet, c'est vers 276-282 que l'empereur Phobus ordonna la replantation en vigne des coteaux de Bourgogne (ce qui oblige à penser qu'elles existaient avant).

Selon les archives, au fil du temps; l'orthographe de Beines a varié : Bena, Bene, Beyne, Bennes, Benne, Beinnes, Baine, Baynes, Beines, Beine, remarquons que le "S" a souvent été ajouté ou supprimé.

A cette époque, Beines avait son "Seigneur", lequel avait pour "Suzerain" le Seigneur de Maligny qui dépendait lui-même soit du Duc de Bourgogne, soit du Comte de Champagne.

Le Château de Beines, situé au centre du village, devait être composé des maisons Gherardi-Mura, ses caves étant au 12 Rue du Grand Four (M et Mme Molina).

Un premier moulin a été construit vers 1394 rue du Ruisseau (Maison de Paulette Patrice); l'étang et la retenue d'eau se trouvaient dans les jardins derrière, cependant que l'eau regagnait le ruisseau et alimentait un lavoir communal. Si le moulin devait disparaitre vers 1540, le lavoir subsista jusqu'en 1953.

Un moulin à vent fut également construit sur Matte vers 1530, il a subsisté jusqu'en 1850. Nos ancêtres appelaient encore ce lieu-dit "le moulin à vent".

Le moulin de "la Mardelle" fut construit également en 1540 pour remplacer celui situé au centre du village. Il existe toujours, mais à usage d'habitation.

Une prison est également mentionnée, sans préciser l'endroit.

Il y eut un prieuré d'hommes, vraisemblablement au 74-76 Grande Rue.

Beines fut aussi fortifié et défendu par trois portes : Porte d'en bas, Porte d'Auxerre, la Poterne pour défendre l'entrée de Beines venant de Bleigny le Carreau.

Des fossés ont également existé; ils faisaient le tour du village (chemins des Fossés, de la Médecine et Côte de Baudon).

Il faut évoquer la Maladrerie au 13eme siècle où étaient soignés les lépreux, elle devait se trouver à l'embranchement de la route de Lignorelles et du Chemin de l'Adroit dans la côte. Elle disparut vers le 17ème siècle, mais le lieu-dit s'appelle encore la Maladière.

On ne saurait parler de la Maladrerie sans y associer "Dame jeanne", lieu-dit voisin situé également hors des murs. Une maison existait et était habitée par une certaine dame "Jeanne", laquelle aurait été soit la créatrice, soit tout au moins une bienfaitrice de la Maladrerie.

Tous ces ouvrages évoqués plus haut ont disparu, soit par vétusté, soit au cours de batailles que se livrèrent entre eux les seigneurs vers le 1e et le 18e siècle.

Il demeure un mystère "Sur Matte". Y aurait-il eu un château fort sur ce lieudit le plus haut à proximité du village? Toujours est-il qu'en 1963, en labourant, un cultivateur y a découvert un sarcophage, lequel a été déposé près de l'église.

Cependant et malgré les siècles, le sort du peuple ne s’améliorait guère, la colère grandissait : manque de libertés, trop fortes impositions de toutes sortes.

1789 arriva, ce fut la Révolution, les habitants de Beines s’y associèrent. Un incident tragi-comique en marque le début (si l’on en croit la légende).

Le 26 juillet 1789, un coursier royaliste, voulant jeter le trouble, vint annoncer que des brigands arrivaient et qu’ils allient piller à Beines et dans tous les villages dépendant du Seigneur de Maligny ; la cloche sonna et comme c’était l’habitude en cas de nouvelles extraordinaires, quelques habitants se dirigèrent vers Villy leur demandant de prévenir le Seigneur de Maligny (notre protecteur !).

Ce qui fut fait, mais de la façon suivante : non pas que des brigands venaient piller Beines et eux ensuite, mais que des brigands de Beines arrivaient. C’est ainsi que nous fûmes longtemps appelés les Brigands de Beines, lesquels brigands ne vinrent d’ailleurs jamais.

Parmi les faits positifs de la Révolution, il faut signaler « La Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen », très grand texte, mais hélas qui ne fut guère appliqué. On assista à de nombreux règlements de compte entre individus qui avaient mieux à faire que de se déchirer. Des dénonciations amenaient des arrestations, heureusement sans suite, surtout pendant la « Terreur ». Officiellement cette période n’a à Beines, pas fait de « victime ».

Mais ce qui se passait à Beines, n’était que le reflet de ce qui se passait au niveau des chefs révolutionnaires, lesquels se déchiraient à belles dents, oubliant les préceptes qu’ils avaient eux-mêmes édictés.

Malgré les victoires remportées par les Armées, les gouvernements s’affaiblissaient et perdaient de leur crédit auprès du Peuple.

C’est alors l’apparition du général Bonaparte, très populaire et auréolé de ses victoires militaires. Il n’eut aucun mal à briser le Directoire par le coup d’état du 18 Brumaire (9 novembre 1799).

Il fut nommé 1er consul, il eut deux collègues, (dont l’Abbé Sieyès) avait, 10 ans plus tôt, adhéré aux idées de la Révolution. Fut-il subjugué par la forte personnalité de Bonaparte, ou était-il déçu de l’insignifiance des autres personnages de l’époque, toujours est-il, qu’après quelques réunions avec Bonaparte, l’Abbé Sieyès fit à ses amis cette déclaration stupéfiante : « Messieurs, nous avons un Maître, cet homme sait tout, veut tout, et peut tout ».

Et ce peuple de France, qui s’était pourtant engagé à fond dans la révolution, va se donner un nouveau maître, et encore une fois, Beines était d’accord.

 

Et Beines pendant ce temps-là ?

 Il a suivi son petit bonhomme de chemin au milieu de tous ces événements, en accord avec tous les régimes qui se sont succédé. De nombreux jeunes gens furent volontaires ou mobilisés pour toutes les guerres qui se sont succédé au cours du siècle. Il apparut que cinq de ces jeunes y trouvèrent la mort (Crimée).

Beines a, au cours de ce siècle, construit ses deux écoles actuelles et la plupart des routes et chemins.

1810-1812 est une date dans l’histoire de Beines, non point un fait d’armes, mais tout simplement « l’introduction d’une nouvelle culture, la pomme de terre », par Monsieur Jacques Blanvillain. Cette culture eut du mal à s’implanter (signe des temps), ce qui fut d’autant plus dommage que survint en 1816 une grande famine, alors que notre bonne pomme de terre était encore considérée comme inconsommable.

Ce n’est qu’après 1816, que la consommation humaine se répandit, et qu’il n’y eut pratiquement plus de famine.

Deux questions : que mangeaient nos ancêtres ?

Et que mangerions-nous aujourd’hui sans ce précieux légume ?

Au rang des famines, signalons celles de 1608 et 1709.

En 1832, une grave épidémie de choléra fit 49 morts une autre réapparut en 1849, 49 décès furent déplorer ; d’autres eurent lieu par la suite, mais moins graves.

En 1683, un incendie détruit à Beines 82 maisons, rues du Ruisseau et de la Voie Neuve.

La première statistique de la population apparut en 1683 ; la population de Beines était estimée entre 650 et 700 personnes.

Beaucoup de noms de famille existent encore aujourd’hui ou ont des descendants.

Il y avait : 7 Cartault, 7 Lamblin, 4 Legage, 4 Begat, 3 Villain, Darlot, 2 Roblot, Berthier, Defrance, Guillemain, Laroche etc…

Comme prénoms, nous trouvons : 54 Edme, 30 Edmée, 62 Jean, 14 Jeanne, 40 Marie, 28 Claude, 27 Etienne, 21 Marguerite, 10 Guillaume, 8 Jacques et aussi Anne, Nicolle, François, Reine, Sébastien, Germain, etc….

La population de Beines au 19éme siècle a été à peu près stable, 638 en  1801, 602 en 1901, avec une pointe de 725 en 1841.

 

 

Notre histoire, bien que nous ayons à peine esquissé ses traits principaux, peut nous fournir d’utiles enseignements. Elle nous montre combien une nation est longue à se former, comment elle s’élève, comment elle décline.

 

 

 

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